Dealer de coque : Entrepreneur et mineur

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Qui es-tu ? 

Bonjour, je suis Louis Haincourt, le fondateur de Dealer de coque.

J’ai 26 ans, j’ai créé cette boîte il y a 11 ans, j’avais 15 ans. Une boîte qui fabrique des coques de téléphone et pas que. Qui est aussi spécialisé dans la broderie et l’impression sur pleins d’objets.

Qu’est-ce que Dealer de coque ?

Alors, Dealer de coque c’est une boîte qui fabrique des coques de téléphone. Je l’ai créé donc quand j’avais 15 ans. À la base c’était juste de l’achat/revente, j’achetais mes coques de téléphone en chine et je les revendais ici.

Et puis, ça s’est bien développé et je me suis équipé avec des machines, de façon à pouvoir fabriquer moi-même les coques de téléphone. Pour gagner de la place puis de la réactivité et maintenant Dealer de coque s’est spécialisé sur pleins d’autres choses.

Notamment l’impression sur objet, l’impression sur textile et depuis peu la broderie qui vient d’arriver et l’impression sur papier notamment de sticker. 

Une aventure commencé par hasard ? 

Dealer de coque ça a commencé en gagnant un iPhone à la radio. J’avais gagné un iPhone sur Radio FG, j’avais à l’époque 15 ans.

Il faut se remettre un peu en arrière, il y a 11 ans c’était un téléphone qui était plutôt destiné aux cadres CSP ++. Et moi le petit ado je me retrouve avec un iPhone dans la cour de récré. Déjà c’était la classe que tout le monde voyait le petit bijou et tout le monde regardait cet objet. 😅

Et je cherchais une coque de téléphone pour le protéger parce que bon, ça valait quand même un bon paquet (même si je ne l’avais pas payé). 😏

J’en ai vu en magasin des étuis mais qui étaient tous moche et ce n’était pas forcément adapté à un gamin de 15 ans.

J’ai cherché sur internet, j’en ai trouvé sur des sites Anglais. Je n’ai pas trop su où est-ce que j’achetais, j’ai dépensé 125$ (100€ à l’époque), et j’ai reçu mes premières coques. Il y en avait 100 dans le paquet de 10 couleurs différentes (10 de chaque).

Et je me suis dit que j’allais en garder un paquet de 10 et les 90 autres je vais les revendre. J’ai commencé à les revendre petit à petit, on va dire qu’en 3 semaines j’avais tout vendu. Ça devait s’arrêter là sauf qu’on m’en a redemandé (notamment un prof du lycée).

Puis je me suis dit : « Bah ok vas-y j’en recommande ». J’en ai recommandé et en fait c’est comme ça que je suis devenu dealer, et c’est comme ça que le nom est naît aussi : « Dealer de coque ».

Parce qu’en fait, j’ai un petit peu pris le schéma d’un dealer de drogue qui commence pour sa conso perso, ses potes, les potes de ses potes puis des inconnus. Et c’est comme ça que la boîte est née.

Donc oui on peut dire que c’est du hasard, j’ai saisi l’opportunité. Je trouvais ça très très fun. Je n’ai pas fait ça pour l’argent au début. Même si je trouvais ça très cool de gagner 50 à 60€ par mois (faut se rappeler que j’avais 15/16 ans).

J’avais 20€ d’argent de poche, j’ai multiplié par 4 mon argent de poche en 2 mois donc je me suis dit :  « bah vas-y chaud, on continue quand même ». 🤑

Donc il y avait un petit peu ce côté de se dire que ça va me permettre de payer mes activités et tout ce dont j’ai envie.

Compliqué d’être un enfant dans un monde d’adulte ?

C’était assez complexe de gérer l’âge. Parce que quand on a 15/16 ans, être crédible auprès de personnes qui en ont 30/40 qui vous regarde…

Déjà être crédible en fait quand on est porteur de projet c’est compliqué. Je le vois toujours maintenant. À 25 ans quand on a un projet on vous regarde en mode : « ouhlolo il a un projet », parce qu’il y a pleins de gens qui ont des projets.

Sauf qu’heureusement qu’il y a pleins de gens qui ont des projets et heureusement qu’il y a des gamins aussi qui ont des projets.

J’ai envie de dire que ce soit pour les gamins ou pour les adultes, il y a pleins de projet qui ne se font pas mais il y en a aussi qui se font. Il faut essayer de croire dans tous les projets parce que justement ça peut se faire, on ne sait jamais.

Pour Dealer de coque au début c’était tous ceux qui disaient : « Oui enfin bon c’est qu’un petit truc ». Et moi je disais : « Mais oui c’est qu’un petit truc et de toute façon je veux que ce soit un petit truc ». Mais en même temps c’est un projet qui me tenait vraiment à cœur, et donc il a fallu se battre.

Et c’est la première chose que j’ai apprise en étant entrepreneur à 15/16 ans c’est en fait se battre tout le temps. Se battre pour convaincre et se battre pour être entendu. Je pense que c’est une force en fait de …

Parce que ce n’est même pas un côté rébellion comme on peut avoir parfois quand on est ado ou voilà le côté nonchalant des adolescents. C’est plutôt de se dire : « Je commence à prendre en maturité, je prends confiance en moi ».

Et malheureusement il y a trop d’ado qui n’ont pas confiance en eux parce qu’on leur brise leurs rêves, parce qu’on leur met des bâtons dans les roues.

Je pense que ce n’est pas forcément complexe de créer sa boîte quand on est très très jeune. Je rajouterais même que c’est parfois plus simple parce qu’en fait on a l’insouciance de la jeunesse. Et on a aussi le côté : « je m’en fou de ce que vont dirent les adultes et je m’en fou de ce que va dire l’autre. De toute façon j’ai mon projet, je suis borné, j’y vais ».

Le truc le plus compliqué c’est d’y aller. Et moi je dirais que c’était au final la chose la plus belle que j’ai pu faire dans ma vie. C’est de me dire : « Je crée ma boîte à 16 ans, je lance mon business ».

Et au final, avoir de la crédibilité auprès des adultes quand on commence à avoir de l’argent avec une entreprise qui tourne, quand on va consulter des fournisseurs, quand on va voir des clients, on commence à être crédible. Et en fait la crédibilité vient toute seule.

Un peu comme la confiance en soi, on dit souvent : « tu prendras confiance en toi avec le temps ». Et bah c’est pareil tu auras de la crédibilité avec le temps. Et ce n’est pas comme ça dans le monde professionnel en fait. Donc… et de toute façon les deux se suivent et les deux vont ensemble.

Et j’ai envie de dire que c’était peut-être une force aussi de créer sa boîte très jeune. Parce que les médias se sont intéressés à moi et donc les médias c’est de la communication gratuite.

Et puis ça m’a aussi permis de créer une sorte de success story, storytelling auprès du business. Je pense que oui c’est quelque chose qui aide pas mal de jeunes aujourd’hui.

Et en fait il y a plusieurs mondes. C’est triste à dire mais maintenant c’est plutôt au vieux de se conformer au monde des jeunes et ça a toujours été comme ça en fait. Et c’est aux vieux d’aller sur Tiktok dans 5 ans alors que les jeunes ne seront plus sur Tiktok dans 5 ans.

Et de toute façon on le voit : « Moi j’ai 25 ans et j’ai installé Tiktok hier, donc mi-mars ». Et on va dire que Tiktok c’est déjà sur le téléphone de mon collègue qui a 18 ans ici depuis 2 ans.

Donc vous voyez que c’est plutôt à nous les plus âgées de suivre les jeunes

Quel a été l’impact des médias ?

Les médias ont fait exploser mon business.

Pour vous donner un petit exemple : en 1 an et demi, au tout début, j’avais réalisé 18 000€ de chiffre d’affaires donc ça faisait 1000€ de chiffre d’affaires par mois. Puis un jour il y a M6 qui me contacte qui me dit : « On va faire un reportage sur vous ».

Le reportage devait être diffusé juste avant Noël et puis finalement il y a eu une petite crise. Je crois, un petit attentat en France ou une tentative, bref.

Ça a été déprogrammé, c’était sur un reportage sur 100% Mag… c’était une émission sur M6. Et dans cette émission ils font un petit reportage de 10min, qui est diffusé je crois le 5 ou 6 Janvier.

Et j’ai réalisé 24 000€ de chiffre d’affaires en 24h. Donc je suis passé de 1000€ de chiffre d’affaires par mois à 1000€ de chiffre d’affaires par heure. Ça a été un énorme tremplin et une énorme connerie aussi parce qu’au final, je n’avais pas les stocks, je n’avais pas les compétences, je n’avais rien je n’étais pas prêt du tout. J’étais tout seul dans ma chambre à gérer ça.

Il y a mes parents, il y a ma petite copine de l’époque qui m’a aidé. On était 3 à bosser à fond et heureusement qu’ils étaient là parce que sinon je n’aurais jamais pu répondre aux commandes. J’ai mis jusqu’à 6 mois pour expédier certaines commandes.

Donc en gros il y a eu un énorme buzz autour de mon business. Il y a eu un énorme bad buzz aussi sur les réseaux, sur internet comme quoi je ne livrais pas, comme quoi c’était une grosse arnaque, comme quoi j’étais un petit con.

Mais j’envie de dire : « Oui, ils avaient totalement raison », parce que je n’en étais pas capable, j’ai été un peu pris au dépourvu.

Donc maintenant ça m’a appris, faites attention quand vous passez sur les médias.

Et si un jour vous avez la chance de passer à la télé, pensez aussi à prendre des serveurs beaucoup plus puissants. Parce que j’ai dû passer à peu près 15 fois à la télé, et les 15 fois où je suis passé, même si j’avais des serveurs très très très puissants ça a planté. Donc je n’ai pas forcément la solution mais en tous cas si vous souhaitez faire de la communication pensez média, pensez télé.

Les gens s’intéressent à ce qu’ils regardent (en tout cas moi je m’intéresse à ce que je regarde si je suis curieux). Je ne vais pas forcément acheter tout de suite, mais dans le marketing il y a la notoriété et la conversion. Et moi en tout cas ce que m’a donné M6 c’était la notoriété. En plus, comme il y a eu de la notoriété de masse, les gens se sont intéressés et ont acheté.

Pourquoi avoir continué les études ?

J’ai décidé de continuer mes études parce que je n’avais pas assez confiance en moi. C’est un mot qui revient souvent.

Quand j’avais 18 ans je venais de passer mon bac et me je suis posé la question : « Qu’est-ce que j’allais faire ? ». Et j’avais la possibilité de venir en Normandie. Mes parents avaient un hangar de 100m2 et j’ai pu justement déménager mon entreprise dans ce hangar.

Je me suis dit : « Je pars en Normandie avec ma petite copine et tous les deux on va s’installer pour quitter nos parents ». Je pense que c’était un peu le pourquoi du comment j’ai fait des études supérieures.

C’était pour deux choses :

  1. Avoir un hangar plus grand
  2. Quitter mes parents.

Non pas que j’avais à tout prix envie de les quitter. Mais je trouvais ça plutôt cool de prendre mon indépendance. Et puis grandir et me dire : « C’est bon j’y vais, j’ai 18ans… de toute façon ça ne va pas m’empêcher de les voir ».

Et je voulais poursuivre mes études pour ce prétexte là, mais aussi parce que j’avais des choses à améliorer :

  • Mon niveau d’anglais
  • Mon niveau d’allemand
  • J’avais envie d’avoir une expérience à l’international (c’est pour ça d’ailleurs que j’ai choisi une école de commerce : EM Normandie).

Et puis je pense que sur le papier je me suis dit : « j’ai un business, je veux qu’il explose, je veux le développer et donc il va falloir que j’ai les compétences et que j’apprenne ». Et donc c’est pour ça que j’ai appris à développer mon business. 

Du Made in China au made in France ?

Alors avant j’étais sur du Made in China parce que c’était le plus simple… Je ne savais pas fabriquer de coques de téléphone.

Je suis passé à la fabrication de coques de téléphone après le reportage sur M6. Parce que j’ai eu pas mal d’argent et je me suis dit : « Cette argent va falloir l’investir ». Et le truc c’est que je me suis confronté à un problème de logistique qui est : la place.

Je n’avais pas assez de place chez moi (chez mes parents), j’habitais à Versaille (une maison de 70m2 à 4). Il y en avait partout, il y en avait beaucoup trop.

Et ce que je me suis dit : « Bah je vais essayer de copier les chinois en fabriquant moi-même les coques de téléphone ». Non pas parce que je suis chauvin, non pas parce que j’avais envie d’avoir un côté « Made in France » marketing, etc… Non pas du tout c’était juste j’avais besoin de faire de la place.

Et je me suis dit : « Peut-être les machines ça va prendre moins de place et je vais fabriquer les coques une à une à la demande ». Ça me prendra plus de temps mais de toute façon je n’ai pas la place donc je n’ai pas le choix.

J’ai acheté mes machines et c’est là où je commençais à avoir mes coques vierges que je transforme. Et donc c’était beaucoup plus simple d’avoir une coque vierge que je transforme avec le visuel plutôt qu’une coque déclinée en pleins pleins pleins de visuels. C’était beaucoup plus facile en termes de gestion des stocks.

Au final j’ai bien fait d’acheter mes propres machines. Parce que c’est ça qui m’a permis de développer mon business le plus aisément possible quoi.

De quel œil vois-tu le dropshipping ?

Le dropshipping aujourd’hui c’est quelque chose qu’on utilise nous. On est fournisseur en dropshipping. Notamment pour tout ce qui va être objets, articles publicitaires, coques de téléphone. On fournit des coques, des t-shirts, des machins, etc…

L’avantage du gars qui veut se lancer en dropshipping c’est qu’il n’aura pas la problématique de place comme je l’avais. Il va avoir la souplesse de pouvoir personnaliser, de faire ce qu’il veut.

Le problème du dropshipping c’est que ça coûte assez cher. Même si, chez nous (c’est logique que je dise ça) mais chez nous ce n’est pas trop cher non plus. Ça reste abordable parce qu’on a énormément de clients donc ça fait baisser le prix unitaire. Et donc tout le monde en profite plus on a de clients. On est une sorte de coopérative… en dropshipping en tout cas.

Mais néanmoins sur la partie dropshipping ce fonctionnement-là est bon parce qu’en fait il y a pleins de sociétés notamment en France qui produisent. Ou même à l’étranger. Qui ne savent pas vendre sur certains marchés.

Et donc ils ont besoin de gens qui vont faire du marketing, du commerce. Et qui vont vendre ses produits sur les plateformes.

Donc on a beau critiquer et dire que : « le dropshipping c’est de la merde, acheter sur les sites en dropshipping… ». Non pas forcément. Il y a des produits chinois ou des produits français qui sont de très très bonne qualité.

L’avantage du dropshipping est pour 3 parties :

  • Il est pour le fournisseur car il n’a pas à s’enquiquiner à vendre.
  • Il est pour le gars qui vend car il n’a pas à s’enquiquiner à produire.
  • Il est pour le gars qui achète parce qu’il sait qu’il va acheter avec un intermédiaire.

Donc j’ai envie de dire que : « c’est un peu comme quand on va voir un courtier pour les crédits immobilier ». Il y a ceux qui disent que : « ça ne sert à rien ». D’autres qui disent que : « c’est très très utile ».

Si on est capable par soi-même d’aller trouver le produit au meilleur prix en chine ou ailleurs et prendre le risque de pas savoir ce qu’on va recevoir. « Bah vas-y on y va on fonce ».

Mais si tu préfères le faire par quelqu’un, acheter chez un gars qui justement a déjà testé les produits, a fait tout le contrôle qualité, l’a regardé avant toi… Eh oui il prend sa marge mais en même temps c’est le concept de tout commerçant.

Quand on va dans des magasins de type (pour moi en tant qu’homme) chez Celio, Devred ou Jules. J’ai envie de dire : « Ils achètent à une marque pleins de vêtements, ils les mettent dans les magasins et ils les revendent ». Eux ils font juste de la revente.

C’est comme Carrefour quand ils vendent des coques de téléphones dans leurs rayons… Ce n’est pas du dropshipping.

Parce qu’au final : le dropshipping la seule différence qu’il y a entre Carrefour et le dropshipping c’est que chez Carrefour vous êtes obligé de vous déplacer. Et le dropshipping c’est le fournisseur qui envoie directement aux clients finals. C’est juste que le gars est derrière son pc, il manage tout. Mais c’est parce qu’il a géré des process.

Après de ceux qui veulent se lancer dans le dropshipping j’en ai pleins. Il ne faut pas oublier que c’est un métier. Ce n’est pas simple de se lancer en dropshipping. Sinon tout le monde le ferait… Il y a beaucoup de gens qui le font mais qui ne gagnent pas d’argent.

J’ai envie de dire : « C’est quand même un métier ou on gère des fournisseurs, de la logistique, du service client, du marketing ». Si on n’est pas bon en tout on ne peut pas réussir. Il ne faut pas être excellent dans un domaine quand on fait du dropshipping. Il faut être un petit peu bon partout, dynamique et malléable

Être étudiant est le meilleur moment pour entreprendre ?

Je pense qu’il n’y a pas de meilleur moment pour entreprendre. Par contre le meilleur moment c’est quand on est prêt. Et quand on est étudiant et qu’on sent qu’on est prêt pour entreprendre il faut y aller.

Pourquoi ? Parce qu’on n’a pas d’enfant, on n’a pas forcément de crédit (ou alors peut-être un petit crédit étudiant). C’est le moment où on peut prendre des risques. Et les risques notamment de se planter.

Parce que malheureusement lorsqu’on entreprend on peut se planter. Et c’est un peu ça le concept sinon on devient salarié. Parce que quand on devient salarié on peut aussi se planter. Mais se planter c’est un peu moins compliqué, on peut partir plus facilement.

Moi dans ma boîte je suis trop heureux au travail. J’adore mon travail. Par contre oui je sais je suis bloqué. Ici dans cette ville. Je ne peux pas partir comme je veux.

Demain si ma boîte, je veux m’en séparer il faut que je la vende ou que je la donne. Et il faut que j’arrive à la donner ou que je la liquide. Mais je ne me vois pas liquider ma boite parce que j’ai des salariés que j’aime beaucoup aussi. De toute façon j’aime mon travail.

Donc en fait le truc qu’il faut se dire c’est : « entreprendre faut quand même que ce soit le bon moment et la bonne façon ». C’est-à-dire qu’il y a plusieurs façons d’entreprendre. Entreprendre seul. Entreprendre à deux. Entreprendre à distance. Entreprendre avec une boutique.

Donc en fait tout ça se mature. Il faut y penser. Moi j’entreprends un peu sur des coups de tête. C’est-à-dire que j’ai plein de projets. Tous les jours j’en ai une dizaine. Je les sélectionne.

Là aujourd’hui je commence à ralentir… Parce que quand on a pleins de projets, si on n’est pas fatigué on peut tous les dérouler. Mais si un moment on commence à être fatigué (comme là, avoir un peu de cerne), on ne peut pas tout faire.

Mais pour entreprendre en tout cas quand on est étudiant je trouve que c’est un des meilleurs moments je pense. Après je n’ai pas la prétention à 26 ans de dire : « c’est le meilleur moment pour entreprendre ». Parce que j’ai entrepris en étant étudiant et sans être étudiant. J’ai créé un autre business : un restaurant sur Caen.

Ce que je me rends compte quand même c’est que pour avoir entrepris avec une de mes potes. Qui elle n’avait pas de travail (elle était au chômage) quand on a entrepris.  Elle, elle a eu un peu peur. C’est des choses que moi je n’avais pas du tout quand j’étais étudiant.

Quand on est étudiant on a peur que ça ne marche pas. Quand on est un peu plus âgé on a peur de ne pas gagner d’argent, on a peur de perdre du temps, on a peur de faire une connerie.

Alors que quand on est étudiant au contraire. La plus grosse des conneries c’est de ne rien entreprendre et de glander.

Même si c’est fun de glander. Ça il n’y a pas de souci on aura tout le temps dans notre vie et tous les samedi dimanche pour le faire.

Un dernier mot pour ceux qui hésitent ? 

La dernière chose pour ceux qui hésitent à se lancer. J’ai envie de dire : « Si on vous dit que ça ne marchera pas allez-y ».

Parce que si ce que vous dites, vous y croyez. Et que quelqu’un vous dit que ça ne marchera pas… Il a peut-être raison. Mais l’avantage d’y aller c’est que vous allez vous dire : « ok il m’a dit que ça ne marchera pas pour ça donc il va falloir que je corrige ».

L’entrepreneuriat que ce soit de l’entrepreneuriat pour gagner de l’argent, pour être heureux (associatif ou autre). À partir du moment où on commence à se poser des questions. À discuter avec les autres. Il faut en parler quand vous voulez entreprendre. Il faut prendre tous les avis même ceux qui sont un petit peu cassant.

N’ayez crainte moi quand j’ai monté mon business tout le monde me disait : « les coques de téléphone mais pourquoi ? ». Même toujours maintenant on me dit : « Mais ça marche toujours les coques de téléphone ? Mais tu fais des coques de téléphone ? Mais tout le monde fait ça ».

Je leur dit : « mais oui oui il y a pas de souci ». Tout le monde vend des vêtements. Tout le monde vend des cafés.

L’entrepreneuriat c’est quoi ? C’est vous en fait. Et moi ce que je me rends compte c’est que : « L’entrepreneuriat c’est moi ». Peut-être que ma boîte serait différente avec quelqu’un d’autre à la tête. Elle serait peut-être en meilleur état. En moins bon état je ne sais pas.

Mais dites-vous juste que si vous avez envie d’entreprendre il y a aucune raison que ça ne marche pas. Vous allez pouvoir vous planter 10 fois mais il y aura forcément un moment où ça marchera.

Entreprenez. Parlez-en autour de vous. Écoutez les conseils mais pas trop. Restez positif parce qu’on ne peut pas entreprendre quand on est dépressif.